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En grève de la faim pour passer un camion au contrôle technique

Déjà 12 jours de grève de la faim pour faire entendre une évidence

lundi 18 juin 2018

Depuis deux ans, suite à un arrêt maladie et un licenciement, Éric a choisi de vivre toute l’année dans un camion qu’il a aménagé confortablement. Répondant à ses besoins, il ne souhaite ni ne pourrait changer d’habitat actuellement.
Ce choix a été fait pour répondre à ses besoins d’habiter en fonction de ses revenus et des boulots qu’il est obligé d’aller chercher à gauche et droite.

Des nouvelles normes imposées par le contrôle technique essaient de l’obliger à mettre son camion à la casse. Il a décidé, pour lui et toutes les personnes concernées, de ne pas baisser les bras.

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une loi pour fabriquer des pauvres from Echelle Inconnue on Vimeo.


Il n’est pas seul dans ce cas  : travailleurs-euses précaires, intérimaires, saisonnier-ères, retraité-es, étudiant-es, intermittent-es, traveller’s, voyageurs-ses... le nombre de personnes dont l’habitat et le mode de vie est directement mis en danger par la réforme du contrôle technique mise en application ce mois de mai 2018 est considérable.

On hésite à convoquer les chiffres qui rendraient compte du phénomène. La "vulnérabilité de masse" se développe et il est devenu impossible pour beaucoup de se loger ou de trouver un travail stable..

Depuis trente ans, tandis que s’impose un chômage élevé, se développent un salariat précaire aux temps morcelés et la nécessité de se déplacer pour suivre l’emploi. L’évolution du marché du travail aussi bien que la crise du logement jettent sans cesse des gens sur les routes, générant au passage des formes nouvelles de nomadisme et d’habitat.

Sans cesse suspectés de troubler l’ordre public, les occupant-es de résidences mobiles doivent aujourd’hui se confronter à de fallacieuses normes de sécurité qui peuvent les priver non seulement de mobilité mais aussi de leur habitat.

Les prétextes sécuritaires ont bon dos. La stratégie du gouvernement se base essentiellement sur la relance de la vente de voitures neuves, sans tenir compte du pouvoir d’achat des moins fortunés.

Le nouveau contrôle technique définit 126 "défaillances critiques", qui devront être réparées dans les 24 heures. Nombreux, parmi ces points, s’appuient sur aucun élément, aucune étude concrète déterminant qu’ils ont causé des accidents. De plus, tous les véhicules ayant la mention VP (Véhicule particulier) ou CTTE (camionnette) avec un aménagement type "camping-car" (un coin repas, un coin lit, un coin cuisson, le gaz, un frigo...etc.), se verront refuser le Contrôle Technique car ne présentant pas une Carte Grise correspondant au véhicule présenté.



Le point principal qui concerne Éric est la mise en concordance de la carte grise de son véhicule aménagé par ses soins avec des nouvelles normes qui peuvent,certaines en effet, réduire le danger (gaz, aération, chauffage) mais dont certaines sont absurdes.
Le passage à la DREAL pour une homologation coûte environ 500€ sans compter les aménagements à mettre en conformité et le changement de carte grise. La seule solution qui s’offre à ces usager-ères, c’est de faire du démontable, c’est à dire du plus précaire et risquer des amendes.

Ce décret est passé sans étude d’impact et comporte de nombreux éléments discriminatoires (carrosserie, micro-fuites…), qui amènent les véhicules des personnes les plus pauvres à la casse. Il permet également l’intrusion dans des lieux de vie et ne tient pas compte du Droit au Logement, car de nombreuses personnes se retrouveront d’ici peu à la rue à cause de ces mesures.

Ainsi cette évolution réglementaire, bâclée et justifiée en grande partie par des logiques économiques, transforme du jour au lendemain des citoyens ordinaires en « délinquants par nécessité » qui n’existaient pas la veille. Elle prive également bon nombre de personnes de droits fondamentaux : la mobilité et l’habitat.

Éric a accepté de suspendre sa grève de la faim le temps d’un débat avec les autorités sur les points suivants :


- Bénéficier d’une autorisation provisoire de circuler avec son camion sans contrôle technique le temps du débat et/ou d’une mise en règle.
- Une aide sociale à l’aménagement des VASP pour les personnes pour qui c’est la résidence principale.
- La gratuité de l’homologation par la DREAL pour les petits revenus.
- Une aide à la mobilité pour les personnes devant se déplacer pour chercher du travail loin de leur domicile.
- Une aide à l’énergie comme tout le monde.
- Le retrait des points considérés comme « défaillances techniques » sur tous les véhicules et ne mettant personne en danger.

Contacts :
Clément DAVID : 06 30 94 85 71 clement.david[at]halemfrance.org
Paul LACOSTE : 06 18 94 75 16 paul.lacoste[at]halemfrance.org

Que dis la presse :Ouest France

Contacter Éric : via sa page Facebook.

Communiqué de :


Échelle Inconnue

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