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Soutien à la yourte de Gignac

jeudi 22 mai 2014

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L’association HALEM a choisi d’apporter son soutien à Arnaud et Véro.

L’urbanisme, sensé protéger les équilibres, sensé protéger les paysages, a ouvert, avec ses lois et règlement, la porte aux nantis pour choisir qui aura le droit de vivre sur son territoire. Et ces territoires rivalisent de zèle en sautant sur toutes les occasions pour organiser sa chasse aux plus modestes. Ceux-ci deviennent les victimes d’un système inégalitaire, sans cesse accusées d’être les fautives de la disparition des espaces agricoles, les malpropres qui détériorent le paysage par leur unique présence... L’argument sans cesse ressassé de la peur d’un appel d’air : chaque commune ayant le sentiment d’avoir son quota de pauvres.

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Gentrification et im­migration choisie

Un nombre croissant de citoyens seuls, en famille ou en collectif, soit par choix, par héritage culturel ou par nécessité font l’expérience de la « re-détermination » en habitant autrement. Or, nous pouvons considérer qu’ils font partie de cette société, léger et mobile, complètement inscrit dans les économies commerciales, touristiques ou de loisir et dans les rapports de l’urbain au travail saisonnier.

Ils investissent souvent des interstices que ne peuvent, ni revendiquer la ville comme espace de projet, ni l’agriculture lourdement mécanisée comme espace de production. Ils établissent et construisent leurs lieux de vie sous des formes libérées des conventions.

De ces milliers d’histoires personnelles ou collectives émanent des choix et des parcours d’habiter qui peuvent paraître étrangers à ce qui est souhaité ou accepté par la majorité des habitants de ce pays.

Il s’agit parfois d’installations spontanées collectives, en ville ou en campagne, répondant à des besoins de solidarité. Ce sont souvent, également, des installations sauvages répondant aux problèmes de la crise du logement ou du besoin de mobilité, ou bien encore des aménagements plus individuels ou familiaux et peuvent répondre à des envies, entre autres, de vie plus légères et soucieuses de l’environnement.

La reconnaissance de ses enclaves serait un pas décisif dans la reconnaissance des personnes tout comme dans la reconnaissance d’un autre mode d’habiter.

Appel à la cotisation pour nos frais juridique

Nous sommes une famille avec un enfant de 2 ans vivant dans une yourte à Gignac (Hérault) sur notre propre terre cultivée depuis maintenant 3 ans.
Je suis maraîcher Bio sur 3500m² , inscrit en tant que cotisant solidaire à la MSA, et ma compagne est conjointe collaboratrice.

Anciens nomades, en camion, puis caravane, nous avons réussi à acheter notre propre terrain de 4000m², sur lequel nous avons installé notre yourte, croyant qu’une tente ne poserait aucun problème au niveau légal.

Fervents écologistes et travailleurs acharnés, nous avons pendant 2 ans réhabilité une friche abandonnée, construit une yourte, installé des équipements solaires, un puits canadien, des toilettes sèches, un composteur... Nous avons travaillé la terre pour l’enrichir et développer une activité maraîchère progressive, comme c’est souvent le cas pour les jeunes agriculteurs qui ne sont pas issus de ce milieu.

Nous nous efforçons d’avoir le minimum d’impacts négatifs sur notre milieu, par le biais d’un habitat léger, de l’utilisation d’énergies renouvelables, de la simplification de nos besoins et de la pratique de l’agroécologie.

Malgré la charge de travail que cela nous a demandé, notre exploitation se développe et nous vendons nos produits sur la commune par le biais de paniers, et dans divers magasins Bio de la région. Nous allons passer agriculteurs à titre principal d’ici l’an prochain, avec environ 6000m² cultivés.

Depuis la 1ère visite de la police sur notre terrain, il y a eu 2 ans et demi de procédures administratives, et nous étions accusés de non respect du PLU avec 5 chefs d’inculpations (yourte, caravane, 2 abri de jardin de 8m², et une piscine gonflable de 3m de diamètre !!!) , et sommes passés devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 17 avril 2014.

Malgré le retrait de la caravane, la régularisation des deux abris, et le dégonflage de la piscine, le verdict est tombé : nous avons été condamnés à démonter la yourte sous 6 mois avec une astreinte de 10€ par jour, ainsi que 500€ de dommages et intérêts sur les 6500€ demandés par l’ancienne mairie. Les frais d’avocat, et d’audience étant aussi à notre charge, ainsi que tous les frais administratifs depuis le départ.

En d’autres termes pour nous, c’est la destruction de notre projet de vie, de notre travail, de notre maison, de notre exploitation, et de quasi tout espoir. Aucune discussion, aucun compromis, aucune alternative ne nous a été proposée. « Nous sommes une pollution visuelle, la yourte n’a rien d’écologique, notre activité agricole c’est du bricolage et une apparence pour tromper les lois... » Voilà ce qui a été jugé le 17 avril.

Aujourd’hui nous avons fait appel, et nous essayons encore de trouver une solution pour ne pas se retrouver à la rue...
Un nouveau maire a été élu avec de nouveaux conseillés et il semblerait qu’elle soit ouverte à la discussion, mais tout reste encore à faire...

Tout ceci nous épuise, comme vous devez vous en douter, et nous met dans une situation financière très difficile. Nous arriverons peut-être à nous sortir de là mais pour arriver au bout de notre combat nous avons besoin de soutien financier.
Le soutien moral a été très nombreux et très précieux pour nous puisqu’il nous a donné la force de continuer. Nous espérons encore pouvoir compter sur vous pour que des possibles deviennent enfin bien réels.

Arnaud Véro et Tom
Gignac le 28 avril 2014

Pour nous permettre de continuer à nous défendre, si vous le pouvez, merci de nous aider en envoyant un don

- Soit en établissant un chèque à l’ordre de : Arnaud Masson, puis envoyer à l’adresse suivante :

135 rue des arbousiers 34830 Clapiers

- soit par virement internet
( attention de mettre la destination du don au moment où vous le site sécurisé vous demandera de confirmer le don )

(Paiement sécurisé par votre compte Paypal ou votre carte bancaire).

Dans les deux cas, tout excédent éventuel sera reversé dans notre fond commun d’assistance juridictionnelle pour défendre les yourtes en procès.

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